Continuons avec la période Gallimard. Citons encore Lacassin:
"[La série Fayard] s'achève en 1934 par un [roman] intitulé symboliquement Maigret. Il constituait l'adieu de l'auteur au roman policier et au personnage qui l'a rendu célèbre. Pour bien montrer sa détermination à se consacrer désormais au roman "littéraire", Simenon saborde la saga de Maigret en le montrant retraité, dans sa maison de Meung-sur-Loire. Le roman avait d'abord paru dans le quotidien Le Jour, précédé d'un avertissement [0ù] l'auteur exprimait son intention d'en finir avec un personnage qui le rattachait un peu trop au monde du fait divers. Heureusement pour les lecteurs, les romanciers pratiquent parfois les faux serments. [...] Réflexe de prudence ? Au lieu de trucider son personnage à l'imitation de Conan Doyle ou Maurice Leblanc, Simenon l'avait mis au rencart (ou en réserve ?) en faisant de lui un pensionné en pantoufles. Cinq mois avant de se livrer à ce mauvais coup, il a signé en octobre 1933 un contrat qui va le lier avac la maison Gallimard jusqu'en 1946. [...] Sans doute Gallimard, au lieu d'accueillir un romancier "littéraire" - article dont il ne manque pas - aurait-il préféré profiter de la manne générée par le commissaire Maigret. Il ne perdra rien pour attendre ! Quatre ans après avoir écrit: «... C'était la dernière fois», Simenon fit revivre Maigret, en juillet 1938, dans la série de nouvelles-concours commandée par le quotidien Paris-Soir. [...] Pour justifier ces manquements à ses grands serments, Simenon s'en tire par une pirouette: ces nouvelles enquêtes de Maigret se situent avant son départ en retraite. Il se résigne à ces manquements à sa vocation de romancier littéraire car ils se produisent dans des journaux destinés à être jetés après lecture et non dans des volumes destinés à durer. C'était compter sans Gaston Gallimard, désireux de compenser par de gros tirages les infortunes de certaines oeuvres aux ambitions déçues. En 1942 et en 1944, il obtient d'éditer en trois volumes ces textes que Simenon croyait enfouis dans le cimetière des journaux d'avant-guerre. Simenon devait se rendre à l'évidence: le destin de Maigret ne lui appartenait plus." (in Lacassin: Simenon et la vraie naissance de Maigret)

 

Voici des images des journaux où sont parues les préoriginales des nouvelles:
L'affaire du Boulevard Beaumarchais, dans le supplément de "Paris-Soir-Dimanche" du 25 octobre 1936

 

1938-1939, dans l'hebdomadaire "Police-Film":

 

Au début des années 2000, les éditions Omnibus ont fait paraître six petits volumes, contenant chacun une nouvelle, avec des couvertures illustrées par Loustal:
   

 

 

Et voici les couvertures des éditions originales des trois volumes cités ci-dessus. Comme on le verra, il ne s'agit pas ici de livre en format poche, mais d'une édition "de luxe": une sorte de compromis entre le désir de Gallimard d'utiliser la popularité de Maigret pour obtenir de gros tirages, et le souhait de Simenon d'être enfin reconnu pour un "vrai" romancier ?

 

Maigret revient, paru en octobre 1942: contient Cécile est morte, Les Caves du Majestic et La maison du juge Signé Picpus, paru en janvier 1944: contient Signé Picpus, L'inspecteur cadavre et Félicie est là, ainsi que 5 textes (où n'apparaît pas Maigret) réunis sous le titre de Nouvelles exotiques Les nouvelles enquêtes de Maigret, paru en mars 1944: contient 17 nouvelles (pour les détails, voir ici)

 

En 1964 paraît, toujours chez Gallimard, une réédition de ces trois volumes:

En 2009 sont parus, dans la collection Folio policier (qui fait partie des éditions Gallimard), quatre romans du cycle Gallimard. Le roman Félicie est là est sorti en juillet 2011.
 

Toujours en 2009, les éditions du Livre de Poche ont publié à leur tour un roman de ce cycle. Y en aura-t-il d'autres ?

 

 

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